Dame Nature
Pistes pédagogiques
Démarche d’apprentissage
Cette chanson évoque de façon poétique les différents phénomènes naturels en personnifiant la nature comme une dame fragile à préserver. Le texte est dense et les motifs mélodiques et rythmiques variés, c’est pourquoi ce chant sera plutôt destiné aux cycles 3, avec une approche très progressive. L’idée sera de travailler bloc par bloc les éléments de la chanson, à divers petits moments de la journée / de la semaine (moment de transition entre deux activités par exemple), pour les assembler ensuite au bout de quelques jours / semaines.
Les couplets
Trois couplets dans cette chanson :
- Couplet 1 : “Depuis que le monde…la nuit tombe.”
- Couplet 2 : “Depuis que le monde…sans manière.”
- Couplet 3 : “Un jour quand…comme du verre.”
Si les couplets 1 et 2 sont identiques en termes de placement rythmique et de mélodie, le couplet 3 présente plusieurs variations.
Etape 1 : ressentir la pulsation
Ecouter la chanson en essayant de marcher sur place sur la pulsation. Installer ensuite une alternance très simple, pour rendre l’activité plus musicale :
frappe pied droit – snap (claque dans les doigts) – frappe pied gauche – snap (claque dans les doigts)
Notez que cette étape sera bénéfique sur l’ensemble de la chanson, pas seulement les couplets.
Etape 2 : placer le texte
La difficulté principale des couplets vient du débit et du placement rythmique des phrases longues.
On commencera sans mélodie.
L’enseignant récite les paroles en parlé-rythmé. Les élèves répètent tous ensemble, sur la pulsation marquée par pied droit – snap 1 – pied gauche – snap 2. Etant en cycle 3, on pourra rapidement afficher les paroles au tableau pour faciliter l’activité.
Attention : le premier mot de chaque phrase ne commence par sur pied droit mais sur snap 1
Etape 3 : ajouter la mélodie
On introduit ensuite la mélodie. L’enseignant pourra l’ajouter progressivement sur le même modèle “je dis / tu répètes”. S’il ne s’en sent pas capable, on pourra utiliser la piste audio, remplacée au bout de quelques étapes par la piste “guide chant” (où la mélodie est jouée).
Le pré refrain
Etape 1 : travailler le texte
Repartir du pied – snap – pied – snap travaillé précédemment et essayer de placer le texte
Etape 2 : installer un motif de percussions corporelles
On installe un motif de percussions corporelles à partir du pied – snap – pied – snap travaillé précédemment
- on remplace le premier snap par deux frappes sur le torse
- on remplace le deuxième snap par une frappe dans les mains (clap).
pied (P) – torse (T) torse (T) – pied (P) – clap mains (M)
noire – deux croches – noire – noire

Etape 3 : superposer
Une fois ce motif précédent maîtrisé, faire deux groupe : un groupe réalise les percussions corporelles pendant que l’autre groupe essaie de placer les texte en parlé-rythmé.
Les élèves les plus performants pourront essayer de réaliser les deux en même temps
Etape 4 : la mélodie
Une fois le texte maîtrisé en parlé-rythmé, la mélodie sera facile à ajouter.
Le refrain
On travaillera ici sur l’interprétation. On va pour cela introduire des gestes qui nous aideront à guider nos intentions vocales.
- “Eh, petite terre…” : lever haut et regarder les deux mains, comme si on attrapait quelque chose au-dessus de soi ( chanter avec conviction, en crescendo = de plus en plus fort)
- “…ronde” : ramener les deux mains autour du visage, comme si on l’enveloppait, en fermant éventuellement les yeux ( baisser l’intensité du son d’un coup, “poser” le mot de façon délicate, comme s’il était fragile)
- “Respire…” : ouvrir grand les mains, dans un mouvement ample, comme si on prenait une grande inspiration ( crescendo = de plus en plus fort)
- “…respire un peu” : les refermer dans un même mouvement ample, devant soi ( decrescendo = de moins en moins fort)
- “Ouha pa pa pa” : chanter dans les deux mains qui servent de porte-voix
- “A chaque seconde” : ouvrir les doigts d’une main un à un ( séparer chaque syllabe comme des flèches lancées en avant, en insistant sur l’articulation)
- “L’univers, danse pour…” : ouvrir progressivement la main loin devant soi ( chanter avec conviction, comme si on déclarait quelque chose de très important)
- “…toi” : pointer l’index devant ( “poser” le mot avec conviction)
Le dernier refrain présente deux subtilités :
- il est répété une deuxième fois avec un changement de paroles
- la fin de la toute dernière phrase est répétée deux fois (“prend bien soin de c’que tu, soin de c’que tu vois”)
Le pont
Le pont, avec ses phrases parlées façon slam / rap, vient créer une rupture dans la chanson.
Comme une note d’espoir, les phrases énoncent les choses simples et pourtant magnifiques que le monde nous offre.
La difficulté étant, encore une fois, ici rythmique, les phrases gagneront à être travaillées sans la musique, sur la pulsation.
On peut placer les élèves en cercle et installer le pied 1 – snap 1 – pied 2 – snap 2 travaillé précédemment, puis :
- placer collectivement les phrases en parlé-rythmé
- inviter les élèves à placer chacun leur tour une phrase (dans l’ordre de la ronde)
On fera remarquer aux élèves le lien entre les percussions corporelles et le placement des phrases : les phrases commencent systématiquement après le “snap 1”
Idée d’activité : écriture / production d’écrit autour du pont
Principe
À partir du pont de la chanson, les élèves inventent de nouvelles phrases évoquant des choses simples mais belles dans le monde : un rayon de soleil sur un mur, le bruit du vent dans les feuilles, un sourire sans raison…
Les phrases doivent respecter deux contraintes d’écriture :
- une rime commune (par exemple en on, comme dans la chanson)
- une structure rythmique de 8 – 8 – 8 – 6 syllabes.
Mise en oeuvre
Observation du modèle
On relit ou réécoute le pont existant.
On compte ensemble les syllabes de chaque phrase et on repère la rime commune.
On note la structure au tableau : 8 / 8 / 8 / 6.
On explique que cette régularité donne une force rythmique proche du slam.
Phase d’écriture
Individuellement ou par petits groupes, les élèves choisissent d’abord un phonème puis se constituent un “réservoir de rimes”.
Ensuite, ils rédigent quatre phrases respectant le schéma 8 – 8 – 8 – 6.
Mise en voix
Les élèves s’entraînent à dire leur texte en parlé-rythmé, en marquant la pulsation avec les pieds, un léger balancement ou le pied 1 – snap 1 – pied 2 – snap 2 travaillé précédemment.
On utilise ensuite la bande instrumentale du pont, mise en boucle.
Chaque groupe ou élève déclame son texte en respectant le tempo, avec articulation claire et intention expressive.
Idée d’activité : les phénomènes naturels, sciences
Point de départ
Amener les élèves à identifier dans le texte poétique des phénomènes scientifiques réels, puis à faire le lien entre langage imagé et connaissances scientifiques.
Démarche
Recherche dans les paroles
On distribue les paroles de la chanson.
Par petits groupes, les élèves relisent les couplets / refrains et surlignent tout ce qui évoque un phénomène naturel : soleil, chaleur, lumière, lune, cycle de l’eau, vent, chaud, froid, atmosphère, …
Mise en commun
On liste au tableau les éléments trouvés et on distingue ce qui relève de l’image poétique (dans le pré refrain / refrain : “magie dans l’air”, “Terre…respire”, “l’univers danse”) et ce qui correspond à un phénomène scientifique réel. Il s’en dégage 5 :
- le rôle du soleil
- la lumière de la lune
- le cycle de l’eau
- la formation du vent
- l’atmosphère
Passage du poétique au scientifique
Pour chaque phénomène repéré, on pose une question simple :
- Quels sont les rôles du soleil ?
- Comment la lune fait-elle pour briller ?
- Comment fonctionne le cycle de l’eau ?
- Comment se forme le vent ?
- Pourquoi peut-on vivre et respirer sur Terre et pas dans l’espace ?
Les élèves formulent des hypothèses en groupes ou à l’oral.
Prolongement scientifique
Un appui scientifique (documents, vidéos, activités dédiées sur chaque thème) serait ici idéal pour prolonger le travail, en confirmant et complétant les hypothèses des élèves. Si ce n’est pas possible, l’enseignant pourra jouer ce rôle en expliquant simplement. Des traces écrites peuvent être envisagées, notamment sous la forme de schémas.
Autres idées
Etude de la personnification
La chanson présente la nature comme une dame fragile.
On peut travailler en français sur la figure de style de la personnification.
Les élèves repèrent les passages où la nature agit comme un être humain.
Ils reformulent ensuite ces phrases de manière scientifique et neutre, puis comparent les effets produits.
Enfin, ils écrivent quelques phrases en personnifiant un autre élément naturel (la mer, la montagne, la forêt).
Carte mentale des phénomènes naturels
À partir des éléments repérés dans la chanson, les élèves construisent une carte mentale en arts plastiques (dessinée / peinte / collée) :
Au centre, “Dame nature”.
Autour, soleil, vent, eau, lune, chaleur, lumière…
Ils relient les éléments entre eux avec des flèches explicatives :
Le soleil chauffe l’eau → l’eau s’évapore → les nuages se forment → le vent les déplace…
Débat argumenté : fragile ou puissante ?
La chanson évoque une nature fragile à préserver.
On peut organiser un débat réglé :
La nature est-elle fragile ou plus forte que l’humain ?
Un groupe prépare des arguments pour “fragile”, un autre pour “puissante”.
Les élèves s’appuient sur des exemples concrets : catastrophes naturelles, pollution, réchauffement, capacité de régénération…
Ecriture engagée
Les élèves écrivent une courte lettre adressée à “Dame nature”.
Ils peuvent la remercier, lui demander pardon, ou promettre un engagement concret.
