Non non non
Pistes pédagogiques
Théâtre et démarche d’apprentissage
Cette chanson met en jeu deux points de vue opposés : l’adulte tueur de petites bêtes / l’enfant qui souhaite les protéger.
L’apprentissage s’appuie volontairement sur le jeu théâtral afin de rendre lisible l’alternance des rôles, de soutenir la mémorisation des paroles et de donner du sens à l’interprétation.
Découverte et compréhension du scénario
On commence par une écoute globale de la chanson sans consigne gestuelle.
L’enseignant échange brièvement avec les élèves : qui parle ? que veut l’adulte ? pourquoi l’enfant répond « non » ?
On identifie clairement les deux rôles et leurs intentions opposées.
Ci-dessous les rôles affichés, avec en noir l’adulte, en orange l’enfant. Précision : les “non non non” répétés régulièrement sont systématiquement prononcés par l’enfant.

Travail des couplets par le jeu corporel
La classe est séparée en deux groupes se faisant face.
Scénario, exemple sur le couplet 1 :
- “Une araignée…pour l’écraser” : le groupe des adultes avance avec de gros pas lents, de manière un peu menaçante, en agitant le poing. Pendant ce temps, le groupe des enfants recule.
- “Non” : les enfants s’arrêtent net et font reculer les adultes d’un unique pas sec et rapide en pointant l’index
- “Un balai…elle va bouger” : le groupe des adultes avance avec de gros pas lents, de manière un peu menaçante, en agitant le poing. Pendant ce temps, le groupe des enfants recule.
- “Je n’crois pas…sur le nez” : les rôles s’inversent. Le groupe des enfants avance avec de petits pas rapides en pointant l’index, tandis que le groupe des adultes recule
- “Un balai…elle va bouger” : le groupe des adultes avance avec de gros pas lents, de manière un peu menaçante, en agitant le poing. Pendant ce temps, le groupe des enfants recule.
Ce jeu avance – recule met en espace le conflit et aide fortement à la mémorisation de la structure de la chanson. La mécanique sera identique sur les couplets 2 et 3.
Travail du thème “non non non”
Groupe des adultes
Sur la mélodie jouée à la guitare électrique, le groupe des adultes alterne : tape quelque part sur le corps- frappe mains – tape quelque part- frappe mains – tape quelque part- frappe mains – poings sur les hanches – souffle
L’idée est de simuler l’action d’écraser un insecte posé sur notre corps ( tape quelque part sur le corps) et l’action d’essayer d’écraser un insecte en vol ( frappe mains)
Groupe des enfants
Le groupe des enfants secoue la tête pour dire non, puis met les mains en mégaphone et scande « non non non » de façon très expressive.
Fin
Les deux groupes peuvent se rapprocher, toujours face à face. On reprend le principe corporel des couplets de façon plus dynamique :
- “Les écrabouiller” / “Les raplaplater” / “Les atomiser” : les adultes se penchent en avant, les enfants se penchent en arrière
- “Non non non” : les enfants se penchent en avant, les adultes se penchent en arrière
- “Bon ben les chasser alors” / “Oui à la limite” : les deux groupes se figent puis se serrent la main pour montrer qu’ils ont trouvé un accord
Une fois chaque partie bien maîtrisée, on enchaîne toute la chanson sans interruption. On pensera à échanger les rôles pour que chacun puisse se plonger dans les deux personnages.
Le chant
Une fois le scénario maîtrisé, les élèves auront normalement appris la mélodie du chant par imprégnation. Les paroles pourront être apprises comme une poésie récitée par deux : les enfants constituent des binômes, choisissent un couplet, puis choisissent chacun un rôle et le travaillent. Ils viennent ensuite présenter leur mini prestation devant la classe (en voix parlée).
Pistes pédagogiques dans les autres domaines, idées d’activités
Le rôle des petites bêtes – questionner le monde – langage oral – cycles 1 et 2
La séance débute par un échange oral collectif à partir de la chanson. L’enseignant pose des questions ouvertes : « pourquoi l’enfant dit non ? », « à quoi servent les petites bêtes ? », « sont-elles vraiment dangereuses ? », « sont-elles inutiles ? ».
Les élèves expriment librement leurs idées.
On pourra ensuite adopter une approche scientifique.
Observation et description (cycle 1, cycle 2)
On observe des images ou, si possible, de vraies petites bêtes à l’extérieur (moustique, limace, araignée, fourmi…).
Les élèves décrivent ce qu’ils voient : nombre de pattes, couleurs, taille, manière de se déplacer.
On classe ensuite de façon très simple :
- celles qui rampent / celles qui marchent
- celles qui n’ont pas de pattes / 6 pattes / 8 pattes
- celles qu’on trouve dehors / dedans
- …
Approfondissement en cycle 2
On approfondit les observations par une démarche de questionnement :
Où vivent ces petites bêtes ? De quoi ont-elles besoin pour vivre ? Que mangent-elles ?
On peut rédiger des fiches d’identité simples par animal, ou utiliser la fiche proposée ci-dessous (qui indique pour chaque animal son lieu d’habitation, son alimentation, son rôle dans la nature)
On introduit progressivement la notion d’équilibre naturel :
Certaines petites bêtes mangent d’autres insectes, d’autres participent à la décomposition des feuilles ou à la richesse du sol.
On conclut collectivement : même si elles dérangent parfois, les petites bêtes ont toutes une fonction et ne doivent pas être éliminées.
Le tribunal des petites bêtes – théâtre – langage oral – cycle 2
En amont, la classe constitue deux listes collectives :
une liste de petites bêtes et une liste d’armes ou moyens exagérés et loufoques.
Les élèves repèrent la structure répétitive des couplets de la chanson.
Par petits groupes ou individuellement, ils écrivent un nouveau couplet en respectant ce modèle, en jouant sur l’exagération et l’humour.
Les textes peuvent ensuite être dits, chantés ou simplement lus à voix haute.
- la petite bête, qui se présente : nom, lieu d’habitation, alimentation (on peut utiliser les fiches d’identité de l’activité précédente)
- l’adulte, qui accuse la petite bête, exagère ses nuisances, insiste pour s’en débarrasser (on peut utiliser les phrases “adultes” de la chanson)
- l’enfant, qui prend la défense de la petite bête et dit « non », en argumentant (on peut utiliser la phrase de la chanson “je n’crois pas que tu aimerais…” et ajouter le rôle de l’animal dans la nature)
Chaque groupe passe devant la classe. A la fin de la scénette, la classe peut voter symboliquement : “innocente”, puis conclure que la petite bête a sa place dans la nature.
L’activité reste volontairement ludique et théâtrale, sans jugement réel.
Inventer un nouveau couplet – production d’écrit – cycles 1 et 2
En amont, la classe constitue deux listes collectives :
une liste de petites bêtes et une liste d’armes ou moyens exagérés et loufoques.
Les élèves repèrent la structure répétitive des couplets de la chanson.
Par petits groupes ou individuellement, ils écrivent un nouveau couplet en respectant ce modèle, en jouant sur l’exagération et l’humour.
Les textes peuvent ensuite être dits, chantés ou simplement lus à voix haute.
Chaîne alimentaire et équilibre des écosystèmes – sciences – cycle 3
On repart des petites bêtes présentes dans la chanson et des discussions menées précédemment. L’enseignant pose la question : que se passerait-il si on faisait vraiment disparaître certaines espèces ?
On introduit alors la notion de chaîne alimentaire simple, composée de trois maillons :
- un végétal, qui produit sa propre nourriture.
- un animal herbivore, qui mange le végétal.
- un animal carnivore, qui mange l’animal végétarien.
On explique que chaque maillon dépend du précédent et que si l’un disparaît, toute la chaîne est déséquilibrée.
Exemples de chaînes alimentaires :
- herbe → limace → hérisson
- fleur → moustique → grenouille
- feuille → mouche → araignée
Les élèves peuvent représenter ces chaînes sous forme de schémas.
Dans un second temps, on réfléchit collectivement :
Que se passe-t-il s’il n’y a plus de limaces ? plus de moustiques ? plus d’insectes ?
Les élèves comprennent que certains animaux manquent de nourriture, que certains végétaux prolifèrent trop, et que l’équilibre naturel est rompu.
On peut conclure par un lien avec la chanson : vouloir éliminer les petites bêtes peut sembler pratique à court terme quand elles nous embêtent, mais cela pose de vrais problèmes à long terme pour la nature… et donc pour les humains.
