Tic tac
Pistes pédagogiques en éducation musicale
Objectifs
Activité vocale sur le thème chanté en « la la la »
Le thème chanté en “la la la” sert à la fois d’intro et de refrain. Son débit soutenu est une difficulté en terme d’articulation, qui demande précision et entraînement.
Préparation, échauffement
Relâcher le haut du corps
- épaules qui montent lentement… puis qui tombent.
- cercles d’épaules très lents.
- balancement doux de la tête de droite à gauche
Détendre le visage et la mâchoire
- bâillements silencieux.
- massage léger des joues et de la mâchoire.
- grimaces exagérées, puis retour au visage détendu.
Réveiller l’articulation sans forcer
- lèvres vibrées sur un souffle long (« brrrr »).
- alterner avec des sons plus courts, saccadés : “vv” “vv” “vv” / “zz” “zz” “zz” / etc.
Apprendre le thème
Démarche :
Apprendre la mélodie en chantant le thème lentement sur différents phonèmes au hasard comme “bo, ma, pou, ti, etc.” : explorer et verbaliser les actions musculaires nécessaires et les changements d’un phonème à l’autre (ouverture de la bouche, placement de la langue, etc.)
ne pas hésiter à “dessiner” la mélodie dans le vide en la chantant lentement, c’est une aide pour certains enfants de visualiser les changements d’hauteur
Introduire ensuite le “la la la” lentement puis accélérer progressivement.
attirer l’attention sur l’ouverture de la bouche, le rôle de la langue pour la prononciation des consonnes, l’importance de la respiration, l’importance du relâchement des muscles du visage et des épaules (comme à l’échauffement)
Jouer sur l’intensité de la voix : chanter très fort, normalement, chuchoter, bouger juste les lèvres.
comprendre que la vitesse demande une meilleure articulation, pas une voix plus forte.
Ternaire et “tic tac”
Un peu de théorie…
Une musique est dite binaire quand on la ressent en deux appuis réguliers qui se répètent.
On peut compter “un – deux / un – deux”, comme quand on marche naturellement. Une grande majorité des chansons de variété est construite en binaire.
Une musique est dite ternaire quand on la ressent en trois appuis réguliers.
On peut compter “un – deux – trois / un – deux – trois”, avec une sensation plus balancée. L’exemple le plus parlant est la valse.
Balancement et “tic “tac”
La chanson installe dès le départ un “tic tac” régulier. La difficulté réside dans cette expression binaire (“tic tac” = “un deux”) pour la faire entrer dans une structure ternaire (la chanson est construite sur 3 temps, dans un système “un deux trois”).
Démarche :
- installer un balancement du corps droite / gauche sur la pulsation.
- dire “tic tac” à droite, “tic tac” à gauche
- dire “tic” à droite, “tac” à gauche
- dire “tic tac tic” à droite, “tac tic tac” à gauche ( comme sur la chanson)
Couplets et gestuelle
On essaiera ici de traduire les différentes durées évoquées dans le texte par des gestes simples et contrastés. Il est très intéressant de rechercher des gestes avec les élèves (répartir les phrases à des petits groupes d’élèves, mettre les groupes en situation de recherche, mettre en commun puis valider les gestes collectivement). Voici sinon une proposition clefs en main :
Couplet 1
- une seconde passe : claquement de doigts sur une pulsation.
- temps d’une grimace : grimace tenue sur une mesure.
- une minute j’attends : immobilité complète pendant une phrase.
- et je me détends : relâchement des épaules.
- une heure défile : bras qui tournent lentement comme une grande aiguille.
- comme le temps file : accélération du geste.
- à pas de géant : grands pas lents sur la pulsation.
Couplet 2
- un jour démarre : mains jointes devant soi qui s’ouvrent lentement, comme un lever de jour.
- temps d’une histoire : mains devant soi, paumes face aux yeux, comme si on lisait un livre
- une semaine qui dure : un bras dessinent un grand cercle devant soi
- c’est une aventure : l’autre bras fait la même chose
- un mois entier : lever un bras sur le côté au niveau de l’épaule, bras parallèle au sol
- puis une année : lever l’autre bras de l’autre côté
- ça n’s’arrête jamais ! : tourner sur soi-même avec les bras, comme une toupie
Pré-refrain
Pour les deux pré-refrains (“Sautillant comme une puce…”), où le débit de paroles est plus élevé, on ne cherchera pas forcément à illustrer chaque mot, chaque phrase. Des mouvements simples seront donc privilégiés. Par exemple :
- sautillant comme une puce sans répit sans flottement : balancement des bras de droite à gauche
- un tic tac unique à chaque instant : tic tac avec l’index, comme un métronome
- mais quelle étrange idée de compter le présent : balancement des bras de droite à gauche
- depuis la nuit des temps : regarder une main et la suivre du regard pendant qu’on la lève haut sur le côté
Pont
Une sorte de rupture survient à 2’14 “Et si on décidait un jour de prendre une pause…”
On peut faire remarquer aux élèves le jeu de mots “pause / pose” et l’illustrer corporellement : le temps s’arrête, on se fige dans des poses.
Exploration
Jeu sur une musique (plutôt instrumentale pour ne pas être influencé par d’éventuelles paroles) : la piste instrumentale de Tic tac ou toute autre musique.
- on lance la musique : les élèves marchent librement
- on met la musique en pause : les élèves se figent dans une pose libre
Mise en place sur la chanson
Ecouter les paroles de la chanson : celles-ci évoquent l’attente, le repos.
Chercher des poses liées à cet imaginaire (rêveur yeux vers le ciel, couché façon sieste, adossé à un mur, tête dans les mains en tailleur, main sur le menton en train de réfléchir, etc.)
Lancer le pont de Tic tac à 2’14 et essayer de coordonner les changements de pose. On peut par exemple prendre une pose sur “pause”, “présent”, “pose”, “élan”, “temps”.
Choisir enfin si chaque élève prend la même pose au même moment, ou si ce choix reste libre.
Fin
La dernière partie de la chanson est comme un recommencement : la musique reprend progressivement, le chant ensuite, comme si le temps redémarrait. Ensuite tout s’accélère petit à petit jusqu’au “STOP” final.
On peut proposer de petites percussions corporelles simples sur ce dernier passage. Elles dynamiseront le chant tout en marquant l’accélération progressive. Le chant “laï la la …” est répété 4 fois en tout :
- 1er tour : frotter dans les mains sur le premier “laï” de chaque phrase
- 2e tour : frapper des 2 mains sur le torse sur le premier “laï” de chaque phrase
- 3e tour : frapper du pied par terre sur le premier “laï” de chaque phrase
- 4e tour : frapper du pied par terre sur le premier “laï” de chaque phrase et dans les mains sur le deuxième laï de chaque phrase
- fin “hey hey…” : frapper des 2 mains sur le torse sur chaque “hey” puis figer les bras en croix devant soi sur le “stop”
Pistes pédagogiques dans les autres domaines, idées d’activités
Représenter les échelles de temps – cycles 1 et 2
Construire collectivement une série d’affiches représentant différentes durées de temps.
Chaque affiche correspond à une échelle : seconde, minute, heure, jour, année.
Les élèves doivent placer des images découpées (cycle 1) ou des mots / courtes phrases (cycle 2) sur l’affiche qui leur semble correspondre à la durée.
Déroulement approximatif :
- Présenter les différentes affiches et les nommer.
- Faire vivre certaines durées (claquement de doigts d’une seconde, respiration d’une minute, musique en fond pendant une heure).
- Distribuer des images ou étiquettes préparées en s’inspirant des listes ci-dessous
- Les élèves proposent un emplacement et justifient leur choix
- Ajuster collectivement, comparer, discuter, valider et coller
Une seconde : un claquement de doigts, un clin d’œil, un lumière qui s’allume, …
Une minute : dix respirations calmes, faire le tour de la cour en marchant, chanter une comptine, réciter une poésie, regarder un sablier couler, …
Une heure : un atelier en classe, une séance de sport, un dessin animé, faire un très beau dessin, …
Une journée : une journée de classe + une nuit, le soleil + la lune, …
Une année : entre deux anniversaires, voir passer les 4 saisons, toute une année d’école, …
Le poème des durées – cycles 2 et 3
Principe
Écrire un poème collectif ou individuel dont chaque vers commence par une échelle de temps.
Chaque durée devient un espace d’expression poétique.
Structure proposée
En une seconde…
En une minute…
En une heure…
En un jour…
En une semaine…
En un mois…
En une année…
En une vie…
Déroulement
- Chercher collectivement des idées d’actions, d’émotions, d’images attachées à chaque échelle de temps
- Faire la même chose individuellement, en essayant de rester dans une même thématique, un même imaginaire
- Ecrire son poème en travaillant la formulation poétique : images, métaphores, sensations. Respecter éventuellement les rimes.
- Mise en voix du poème, éventuellement sur la piste instrumentale de la chanson Tic tac.
